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Réponse Jean de Rohan-Chabot, UPR. Circo2 (réponse commune)

lundi 29 mai 2017, par FFMC58

Monsieur,

Nous vous remercions de votre souci de transparence démocratique ! L’UPR disant ce qu’elle fera et faisant ce qu’elle dira, nous vous répondrons ici avec l’absolue franchise qui nous caractérise. Mais, par souci de clarté dans l’exposé vous souffrirez que nous ne répondions pas point par point mais plus globalement.

Votre propos général permet de mettre en évidence votre souci du respect du principe républicain d’égalité de traitement des citoyens d’une part, et votre inquiétude devant la dérive sécuritaire en matière de sécurité routière d’autre part.
Cependant, nous pensons, à l’UPR, que ce constat, exact dans sa globalité, reste frappé d’impuissance si on ne va au fond des choses ; c’est-à-dire en l’absence d’une explicitation politique des enjeux qu’il traduit.
En d’autres termes, pourquoi cette constance aggravée depuis des décennies, vers toujours plus de mesures répressives à l’égard des usagers de la route (les motards ne sont pas seuls concernés) ? Pourquoi cette aggravation dans les inégalités de circulation, sous couvert de « décentralisation » ? Et ceci alors que, comme vous l’écrivez très justement, la plupart des mesures prises n’ont eu que très peu d’effet sur la réduction du nombre de tués ?
Nous pensons qu’il ne sert pas à grand chose de faire des promesses si l’on ne dénonce pas clairement ce qui est à l’origine de ces dérives intolérables et absurdes, de plus en plus attentatoires à la liberté de circulation.
Or il est constant que la France est engagée, sans consultation de son peuple, parfois en dépit de sa consultation (violation du résultat du référendum de 2005), dans une « construction européenne » qui impose, par toutes sortes de dispositifs juridiques, une attrition des moyens publics, une aggravation de la concurrence la plus débridée entre les individus et les entreprises, un appauvrissement des collectivités locales, et des populations, un renforcement de la répression face à la contestation qu’engendrent les politiques économiques et sociales menées dans ce cadre.

Oui, les radars sont à la fois placés le plus souvent, non dans les zones accidentogènes, mais là où ils sont susceptibles de rapporter le plus possible ; oui, leur gestion privatisée s’apparente à la ponction de la ferme générale qui fut cause de la grande Révolution française ; oui, les départements sont asphyxiés par la décentralisation ; oui, l’écologie punitive remet en cause la liberté de circulation pour les plus pauvres ; oui, le CNSR est bafoué par la puissance des lobbies de tout poil ; oui, la démarche préventive du CEREMA correspond infiniment plus à l’intérêt bien compris des usagers de la route que la politique répressive (ce qui ne veut pas dire que la répression n’est pas également indispensable mais seulement, ici comme ailleurs, qu’elle doit être adaptée), etc...
Dans notre programme, consultable en détail sur upr.fr, vous pourrez voir que nous sommes favorables au référendum d’initiative populaire, la question de la sécurité routière correspondant parfaitement à ce type de sujet qui concerne tous les citoyens, et non telle ou telle catégorie de la population.
Vous verrez aussi que nous souhaitons (proposition 124) tout à la fois diminuer le nombre de véhicules en circulation aux heures de pointe dans les agglomérations par l’auto partage, le développement des transports en commun, une politique urbaine et d’aménagement du territoire rapprochant lieu de travail et zones résidentielles entre autres au moyen d’une reprise en main par les pouvoirs publics des POS, favoriser le rail, toutes choses qui améliorerait la sécurité des deux roues et de tous les usagers, etc.

D’une manière générale, l’UPR veut fonder ses prises de décision sur la réalité des faits et non sur des lubies ou des oukases supranationaux. L’appauvrissement de l’État par les exigences de Bruxelles conduisent nos « élites » à ponctionner pénalement les usagers de la route en lieu et place d’une assiette fiscale qui s’effondre sous les coups de boutoirs de la « réduction des déficits publics ».
Le nouveau président, s’il est doté d’une majorité à l’Assemblée nationale, ira encore plus loin dans cette voie, poussé par les GOPÉ (Grandes Orientations des Politiques Économiques) de l’article 121 du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne) qui viennent de paraître et dont vous pouvez consulter l’analyse de Charles-Henri Gallois (candidat dans la première circonscription) sur notre site.
Mais, pour répondre à présent plus concrètement à vos questions, quelques points encore si vous nous le permettez.

Nous pensons que la répression est nécessaire en matière de sécurité routière, comme dans tout autre domaine. Il y a des brebis galeuses partout.
Néanmoins, en droit pénal français la peine doit être proportionnée au but à atteindre, et doit être personnalisée. Le principe même des radars automatiques est contestable dès lors qu’il ne permet aucune individualisation de la sanction. Plus encore quand il s’agit -on l’a dit plus haut- d’un moyen de racketter et non d’assurer la sécurité. Et il est évident que leur gestion et leur recette ne doivent en aucun cas être privée !
Quant à votre proposition d’affectation aux PDASR, il faut savoir qu’en droit budgétaire français prévaut la règle de non affectation des ressources, dont la modification requiert plus qu’un simple amendement (au surplus pas forcément souhaitable). Nous serions plutôt favorables à ce que les économies réalisées par la sortie de la France de l’UE, qui sont de l’ordre de 9 milliards d’euros par an puisque chaque année la France verse 23 milliards d’euros à l’UE qui lui en restitue 14, permettent d’abonder ces plans.
Nous souhaitons revenir sur plusieurs points de la décentralisation dont le but réel est de favoriser l’éclatement du cadre national, et votre comparaison chiffrée Nièvre/Hauts de Seine est particulièrement éloquente. Nous sommes donc ici absolument sur la même longueur d’onde. Nous proposons de réaliser de sérieuses économies sur le millefeuille administratif, et les élus inutiles, dont cette aberration du double conseiller départemental par canton refondu ! Au total plus de 6 milliards d’économies par an. Mesure applicable même sans sortie de l’UE. Une partie de ces fonds seraient utilisables par les départements pour améliorer la sécurité de leurs réseaux.

Les mesures bureaucratiques d’accumulation des normes sont certes parfois dues à la réglementation nationale ; mais nous sommes sûrs qu’une bonne partie d’entre elles proviennent très directement de la pléthorique bureaucratie bruxelloise. La sortie de l’UE ne peut que contribuer à freiner cette inflation réglementaire ahurissante, et qui ne touche pas loin s’en faut, que les motards... Il est estimé que le coût d’application des normes de l’UE est de l’ordre de 38 milliards d’euros par an (30 pour les entreprises et 8 pour les administrations publiques) !
Sur les nombreuses et intéressantes propositions de votre association, nous retenons l’idée (qui concernera assez peu la Nièvre) de reconnaître la circulation en interfile, car fondée sur le bon sens, l’éclairage rétabli sur les voies urbaines rapides (là encore, supprimée pour cause de budgets publics en berne), mais plus généralement tout ce qui concerne l’environnement de circulation, et les axes 4 et 5 qui ne prêtent guère le flan à la polémique. Toutefois, et en guise de clin d’œil, nous nous demandons ce que fait la photo sous l’axe 4 : le mal nommé Parlement européen est bien l’antithèse de la citoyenneté puisqu’il ne détient qu’une minuscule fraction du pouvoir « législatif » de ce monstre juridique qu’est la construction européenne ?
Vous demandiez aussi si nous étions prêts à participer à l’opération « motard d’un jour » et nous vous répondons par l’affirmative, élu ou pas, pourvu que cela ne soit pas en cette période de campagne où nous sommes débordés.

Pour finir, personnellement très amateurs de « petite reine », le père de Charles-Henri Gallois est d’ailleurs directeur d’IGOL centre et sponsorise énormément la moto, notamment au bol d’or, nous n’avons aucune espèce de prévention à l’encontre des 2RM, bien qu’ayant constaté dans la pratique que ce sont là deux mondes qui s’ignorent, plus qu’ils ne se combattent ou se soutiennent, alors qu’ils ont sans doute plus en commun qu’ils ne le croient.

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