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Réponse François Diot, PCF - Front de Gauche. Circo1

lundi 5 juin 2017, par FFMC58

Monsieur,

J’ai reçu le questionnaire de la FFMC aux candidat-es aux Législatives. En tant que candidat (PCF – Front de Gauche) dans la 1 ère circonscription de la Nièvre, j’ai le plaisir de vous apporter mes réflexions sur les thèmes abordés :

1- Êtes-vous favorable à la suppression des radars automatiques ?
Si non, voteriez-vous un amendement à la loi de finance imposant qu’au moins 80% des recettes soient réaffectées aux Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière, afin que les radars ne soient plus la variable d’ajustement permettant de combler les déficits ?

Je ne suis pas favorable à la suppression des radars automatiques. En revanche, il me semble à la fois logique et « pédagogique » (terme à la mode !) que les « recettes » des contraventions récoltées aillent aux opérations de prévention routière : à cette fin, c’est à mon sens la totalité des recettes qui devraient y être affectées.

2- En 2004, la loi de décentralisation a transféré aux départements l’entretien de 18000 km de routes nationales, créant ainsi une inégalité entre les citoyens quant à la sécurité routière, selon s’ils habitent dans un département riche ou pauvre. Qu’en pensez-vous ?
Les transferts de compétences aux départements, sous couvert de « décentralisation », ont souvent permis à l’Etat de se désengager sur les collectivités, sans leur attribuer les moyens correspondants. Les compensations financières promises ne s’avèrent jamais être à la hauteur du coût engendré, et sont même souvent dégressives. Avec, de surcroît, des baisses massives de dotations d’Etat aux collectivités locales depuis de nombreuses années. De fait, cela institue donc une inégalité entre départements « riches » et départements « pauvres », donc une inégalité entre les citoyens du territoire français.

C’est la raison pour laquelle nous avons souvent combattu ces transferts de compétences sans garantie de la pérennité des compensations financières correspondantes. Et nous pensons que l’Aménagement du Territoire doit rester de la compétence de l’Etat : c’est vrai pour les routes nationales, comme des grandes infrastructures (Autoroutes, LGV…) que les collectivités (Régions, Départements…) sont bien souvent amenées à financer en partie, alors que cela ne relève pas d’elles.

3- Les usagers de 2 roues motorisés ont l’impression de subir un acharnement des pouvoirs publics, ceux-ci ajoutant perpétuellement de nouvelles contraintes pour décourager la pratique du 2 roues motorisées. Quelle image avez-vous des motocyclistes ?
Je ne sais pas si l’on peut réellement parler « d’acharnement » des pouvoirs publics… mais je conçois que la multiplication des contraintes puisse être vécue comme telle par les motards. Ce n’est d’ailleurs pas le seul domaine concerné : les « normes de sécurité » se multiplient dans tous les domaines ; c’est, en l’occurrence, au cas par cas qu’il faut juger, en fonction de la réelle efficacité (ou non), des nouvelles contraintes imposées ; pour cela, les experts de la sécurité routière sont les mieux à même de trancher.

4- Selon vous, quelles mesures seraient à mettre en place pour faire diminuer le nombre de tués en 2 roues motorisés sur nos routes ?
Les propositions développées dans vos « 5 axes » semblent, pour la plupart des propositions de bon sens. J’insisterais, pour ma part, sur la formation des conducteurs (à la fois de deux-roues, mais aussi les conducteurs automobiles) pour le « partage » de la route. C’est vrai en milieu rural (les accidents impliquant des deux-roues et des convois agricoles, par exemple, sont fréquents) et en milieu urbain (les « règles » sur le périphérique parisien semblent, pour le moins, assez floues !)

5- La loi de transition énergétique permet aux mairies et aux préfets de mettre en place des interdictions de circulation ciblant les véhicules en fonction de leur âge. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de revenir sur cet aspect de la loi mettant en difficulté les plus modestes ?
La pollution par les particules fines est un problème réel de santé publique. Pour autant, les mesures d’interdiction des véhicules en fonction de leur âge sont très directement discriminatoires, envers les personnes les plus modestes n’ayant pas les moyens de s’équiper de véhicules neufs. Nous nous opposons donc à ce genre de mesures à la fois punitives, et injustes socialement. Ceci étant dit, comment « régler le problème » ? C’est, à notre sens, par une toute autre politique des transports, favorisant les transports en commun, le transport de marchandises par le rail, et l’équipement du pays en véhicules « propres », notamment électriques ; ce qui suppose un immense effort de recherche publique pour que les véhicules électriques gagnent en autonomie.

6- Le Conseil National de la Sécurité Routière est une instance consultative regroupant les acteurs de la sécurité routière, présentée comme étant le « parlement de la sécurité routière. » Or, aucune des mesures mise en place récemment n’avait été proposée par ce CNSR, certaines avaient même été rejetées. Qu’en pensez-vous ?
Mettre en place des instances consultatives et s’affranchir systématiquement de leur avis n’a aucun sens, sauf à y voir une recherche « d’alibi » (d’autres exemples existent, y compris dans la démocratie locale !). Il importe donc que l’avis du Conseil National de la Sécurité Routière soit effectivement pris en compte (même s’il ne s’impose pas).

7- Le gouvernement actuel a transféré à des sociétés privées la circulation des radars embarqués afin d’en améliorer la rentabilité. Trouvez-vous normal que l’Etat délègue ses pouvoirs de police à une société privée, avec tous les abus qui ne manqueront pas de se produire ?
Nous nous opposons au transfert, à des sociétés privées, de missions qui devraient relever exclusivement de l’Etat. C’est à la fois un gâchis d’argent public (car ces sociétés privées ne travaillent, a priori, pas gratuitement !) et la porte ouverte à des dérives et à la « politique du chiffre ». L’Etat a toutes les capacités, en recrutant des personnels qualifiés, d’effectuer ces missions avec la même efficacité (sinon mieux) que le privé.

8- Tous les ans, la FFMC organise l’opération « Motard d’un jour », consistant à transporter les élus locaux à l’arrière d’une moto, afin de les sensibiliser au manque de prise en compte des 2 roues motorisés lors de conception des aménagements routiers. Si vous êtes élu, souhaiteriez-vous participer à cette opération ?
Oui, si je suis élu, j’accepterais volontiers de participer à cette opération « motard d’un jour ». Il semble évident que certains aménagements routiers ne prennent pas en compte la spécificité de la conduite des deux-roues (ni des deux-roues motorisés, ni des vélos d’ailleurs). Tout comme l’entretien des haies au girobroyeur, dangereux en bord de route comme l’atteste la gravité des blessures de cyclistes ou motards en cas de sortie de route.

9- Seriez-vous favorables à ce que les recommandations du CEREMA en matière d’aménagements routiers deviennent des normes que les collectivités locales auraient l’obligation de respecter ?
Le CEREMA étant un organisme d’Etat chargé d’édicter des « bonnes pratiques », il semble effectivement souhaitable que ses recommandations soient suivies d’effet dans les aménagements réalisés par les collectivités locales… ou alors, il faut s’interroger sur son bien-fondé ! J’imagine que l’un des facteurs limitants réside dans le coût des aménagements : les moyens des collectivités locales ayant été (à tort) très fortement diminués ces dernières années, les équipements « facultatifs » de sécurité en font peut-être souvent les frais.

10- La grande majorité des décisions prises en matière de sécurité routière relèvent du domaine réglementaire, et non du domaine législatif. De fait, ces décisions qui impactent le quotidien de nos concitoyens sont prises sans que la représentation nationale ne puisse se prononcer dessus. Trouvez-vous cela démocratique ?
De manière générale, je pense que la décision doit revenir au « politique ». C’est ainsi que doit fonctionner une démocratie. Les décisions intéressant la vie quotidienne des citoyens doivent être prises, et validées, par leurs représentants élus… qui sont, eux-mêmes, responsables devant les citoyens.

11- Etes-vous plutôt favorable à une diminution des sanctions pour les petites infractions (par exemple sur les excès de vitesse inférieurs à 20 km/h), ou au contraire pour durcir la répression sur les usagers de la route ?
Les « petites infractions » (excès de vitesse de moins de 20 km/h) constituent, en effet, l’essentiel des infractions relevées… et occasionnent de réelles difficultés de vie pour celles et ceux qui, à la fin du mois, sont à 10 euros près. Une amende de 90 € dans le mois, et c’est tout l’équilibre du budget familial qui est mis dans le rouge. Même si une « petite infraction » peut avoir des conséquences dramatiques, il me semble donc préférable de sortir de ce schéma « punitif » et de cibler les infractions et les comportements les plus dangereux (grands excès de vitesse, alcool au volant, etc…), ce qui ne « s’automatise » pas… et nécessite de la présence humaine sur les routes ! Il me semble également essentiel de mettre l’accent sur la prévention routière, qui elle aussi nécessite des moyens humains et une forme de « police de proximité ». Autant de mesures qui supposent de sortir des politiques d’austérité budgétaire et de la « course à l’échalote » sur la suppression des postes de fonctionnaires.

Une question que vous n’avez pas abordée, et qui me semble à la fois essentielle, et délicate : les seniors au volant… Aujourd’hui, il n’y a aucune limite d’âge pour conduire (et tant mieux), ni obligation de passer un examen médical au-delà d’un certain âge. Or il est clair que des personnes, parfois très âgées, continuent de conduire sans avoir conscience (ou sans être en capacité d’accepter) qu’elles n’ont plus toutes les facultés nécessaires pour le faire. Il y a un sérieux « vide législatif » en la matière, faisant aujourd’hui reposer l’initiative soit sur le médecin de famille, soit sur la famille elle-même (amenée à signaler au Préfet – et donc à dénoncer, en quelque sorte ? – l’incapacité à conduire d’un de leurs proches). Il me semble qu’au vu du vieillissement de la population, cette problématique nécessitera des réponses des pouvoirs publics. Pourquoi ne pas imaginer un examen médical régulier, après un certain âge, visant à vérifier que chaque conducteur possède encore les facultés minimales requises ?

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